Avec le projet AP3C, l'agriculture du Massif Central se prépare aux changements climatiques

La filière agricole, en première ligne pour subir les effets du changement climatiques, s’y prépare.

Les entreprises doivent s’adapter aux modifications de leur environnement. Pour les agriculteurs du Massif Central, le climat est un facteur environnemental trés important et pour eux, le changement climatique, c’est déjà maiintenant. Ils constatent que les aléas climatiques notamment printaniers se multiplient : températures hautes, gelées tardives, alternances de précipitations très abondantes et de périodes de sécheresse avec des conséquences pour les rendements et la qualité.  Les travaux du programme AP3C« Adaptation des pratiques culturales au changement climatique » porté par les chambres d’agriculture du Massif Central (SIDAM°) ont été présentés et commentés lors du colloque du 4 juillet à Vetagrosup à Clermont-Ferrand.

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Des outils de mesure adaptés

Les méthodes de météorologie mises au point pour le projet ont permis de caractériser les évolutions et pour la première fois, de faire des projections géolocalisées très fines de l’impact des changements sur les couverts végétaux au travers de l’étude de l’évolution d’une trentaine d’ indicateurs, basés sur la température et couramment utilisés pour dater certains événements repères ( date de redémarrage de la végétation, de mise à l’herbe, première fauche, nombre de jours d’échaudage…). L’ analyse confirme la rapidité d’évolution de ces indicateurs même en zone de montagne et ce pour l’herbe, les céréales et la vigne. En particulier, la fragilité des prairies permanentes qui caractérisent le système agricole local est ressortie.

Des adaptations des pratiques culturales et du travail nécessaires

Sans préjuger des solutions, les pistes d’adaptation sont à la fois au niveau de la parcelle et de l’exploitation. L’adaptation passera par une profonde modification des pratiques culturales et d’élevage qui nécessiteront d’utiliser de nouveaux indicateurs et avec encore plus de technicité. Ont été évoquées l’augmentation des surfaces consacrées au fourrage pour constituer des réserves, l’utilisation au cas par cas de variétés adaptées, la répartition des risques sur des cultures différentes

Cela aura aussi des conséquences importantes sur l’organisation du travail de l’exploitation. On a cité ainsi l’intérêt de modifier les dates (voir des horaires) des travaux et de pâturage avec parfois des chevauchements avec la période des vélages. Il est à prévoir que la diminution de l’étalement des travaux notamment entre la plaine et la montagne complique la possibilité d’utiliser le matériel partagés dans les CUMA ou le recours aux services de travaux ce qui augmentera la charge financière du poste matériel dans les comptes.

Des enjeux d’innovation pour toute la filière

Le soutien intelligent des pouvoirs publics aux nouveaux systèmes agroécologiques se met en place doucement.Tous les intervenants de la filière devront s'adapter pour contribuer à la gestion du risque :  conception des bâtiments d’élevage résistant à la chaleur, renforcement des capacités de stockage de fourrage, progrès en génétique animale et création variétale, conseil agricole, cahier des charges des appellations, recherche sur les nouveaux risques sanitaires, organisation de la transformation en fonction des nouvelles saisonnalités de la production , création d’ outils assurantiels et de contractualisation sécurisant mieux les producteurs, sont autant d’enjeux d’innovation pour la recherche, le conseil, les fournisseurs et coopératives.

en savoir + http://www.sidam-massifcentral.fr/projets/securisation-systemes/ap3c/resultats

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